Lire
n’a pas toujours été
une évidence pour moi, cependant il est vrai qu’aujourd’hui
j’accorde une place importante à la lecture. Je pourrais même
dire que la littérature m’a ouvert les yeux sur beaucoup de
choses. Moi c’est Eloïse Guillerm, j’ai 17 ans,
et je suis ici pour vous raconter mon
histoire avec les livres et plus particulièrement la lecture.
Petite,
alors que je ne savais pas encore parler, ma maman m’incitait déjà
à lire.
Plus
sérieusement, la lecture est quelque chose qui est arrivée très
vite dans ma vie.
Cela
a d’abord commencé avec des albums imagés. Le but était
d’apprendre à visualiser les images sans vraiment pouvoir lire ce
qu’il y avait à côté. Dans un premier temps, les livres me
servaient de support pour apprendre le vocabulaire de tous les jours,
les parties du corps, les couleurs…
Durant
ma petite enfance, plusieurs livres m’ont réellement marqués et
m’ont donné le goût de la lecture. Arc-en-ciel
le plus beau poisson des océans,
de Marais Pfister, je m’en rappelle comme si je l’avais lu hier.
Pourtant
la dernière fois, c’était
il y a plus de 14 ans. L’intensité des couleurs sur la couverture,
la nuance des bleus, la couleur des écailles. Tous ces petits
détails ont vraiment attiré mon attention et ma curiosité. Mes
parents aimaient beaucoup me raconter des histoires, ils savaient les
raconter et les faire vivre. Je pense vraiment que c’est cela qui
m’a fait aimer les livres durant mon enfance. En grandissant,
chaque semaine à l’école, j’attendais impatiemment, le
moment de la lecture.
Dans
mon école, les professeurs lisaient des comptines, des contes
une
fois par semaine. C’était le seul moment où je pouvais m’évader,
voir les choses comme je le voulais, avoir ma propre imagination.
Forcément, à force d’écouter de nombreuses lectures, mon
imagination s’était
forgée avec le temps. J’imaginais les scènes dans ma tête pour
que l’histoire qui m’était racontée ait un sens.
Un
jour,
en grande section maternelle, mon institutrice a lu un conte: Roule
Galette
de Natha Caputo. Cette histoire je la connaissais puisque cette
maîtresse l’avait déjà lu en moyenne section. Pourtant, ce
jour-là, j’étais
autant transcendée par l’histoire. Je n’avais qu’une envie, c’était de savoir ce qui allait se passer alors que je le savais
déjà. Je pense qu’à ce moment-là,
mon esprit a fait le vide autour de moi et s’est concentré
seulement sur l’écoute et la voix de la lectrice. Cette voix était
si douce que je pensais même que l’action se passait réellement
sous mes yeux. Ce sont tous ces contes, ces livres qu’ils soient
imagés ou pas,
qui me plaisaient vraiment. Je ne me souviens pas avoir un seul
mauvais souvenir sur les livres et la lecture à cet âge là.
A la
suite, il était l’heure d’échanger les rôles. Devenir lectrice
et non plus celle qui écoute. Avec une enfance où la lecture avait
une place considérable dans ma vie, l’apprentissage de celle-ci ne
m’a pas vraiment posé de soucis. J’étais l’élève qui
adorait l’école et qui voulait
toujours
découvrir. Le simple fait de pouvoir lire mon histoire toute seule
le soir, c’était
magique. Je voulais faire comme les grands et être indépendante. Je
n’avais pas de restriction,
je pouvais
lire autant que je voulais sans déranger papa ou maman qui avaient
d’autres choses à faire et n’avaient pas un temps illimité. Je
n’avais plus cette frustration de devoir stopper la lecture et
terminer le lendemain. Une fois la lecture dans la poche, j’ai
commencé à lire des bandes dessinées tirées des dessins animés
que je regardais,
tels
que Violetta
de Georges Simenon, les Sisters
de Christophe Cazenove et
Boule
et Bill
de Laurent Verron. Forcément, c’était mieux de lire que de
regarder la télévision, comme le disaient
si bien mes parents. Puis bien évidemment, la maîtresse nous
donnait
des textes ou quelques petits livres pour toujours essayer de nous
améliorer. Pour être honnête,
à la fin de la primaire, je pense que j’étais arrivée à un
stade où la lecture prenait
trop de place. J'en avais assez de lire. Je me
forçais seulement à lire des
livres scolaires (ceux
recommandés par la maîtresse) mais je n’avais plus le même
plaisir. Malheureusement, cela ne s’est pas arrangé avec le temps.
Arrivée
au collège, j’ai tout de même eu une prof de français qui m’a
vraiment redonné goût à la lecture. Les ateliers au CDI étaient
des cours auxquels j'essayais
d’être la plus attentive. Il y avait à chaque fois de nouveaux
ateliers, en passant des bandes
dessinées
aux énormes romans. Je me souviens qu’un jour nous avons dû
écrire
notre propre histoire. C’était assez drôle d’ailleurs de passer
de lectrice à écrivaine, mais je crois que cela m’avait vraiment
plus. Plus les années passaient, plus le goût que j’avais de la
lecture étant petite ne réapparaissait pas. Ce n’est pourtant pas
faute de la part de mes professeurs de français d’avoir tout fait
pour que les élèves se mettent à lire.
Pour
ma part, aucun ouvrage ne parvenait à me replonger dans mon univers.
J’ai eu une véritable rupture avec la lecture. Cependant, bien
que
de mon côté
je ne lisais plus, certains livres scolaires
m’ont marquée. C’est justement le cas des Fourberies
de Scapin
de Molière. Cette pièce de théâtre
m'a
beaucoup plu, elle était à la fois drôle et surprenante. Dans un
premier temps j’ai lu le livre, mais il est vrai qu’une pièce de
théâtre se joue plus facilement qu’elle ne se lit.
C’est donc pour cela que ma professeur nous a conseillé
de regarder la pièce et il est vrai qu’il n’y a pas mieux pour
comprendre. Le ton des personnages, les gestes font vivre
la pièce. On sait exactement ce que les personnages veulent dire.
Durant
le début de mon adolescence, la lecture et moi n’avions plus
beaucoup de points communs,
cependant, les livres scolaires me forçaient à garder toujours ce
contact avec les livres. Je peux dire que les livres m’ont permis
d’enrichir mes connaissances sur plusieurs points. Le roman de
Delphine de Vigan,
Les enfants sont rois,
m’a vraiment permis d’en apprendre plus sur les réseaux sociaux.
La morale de l’histoire est
qu’il ne faut pas croire tout
ce que l’on voit. Cette autrice m’a beaucoup touchée, ses mots
étaient poignants.
A tel point que j’ai voulu lire
jours
sans faim
de la
même autrice.
Encore
une fois je n’ai pas été déçu. Ce livre m’a vraiment touchée et émue.
J’ai vraiment retrouvé des similitudes avec mon histoire. Mettre
des mots sur ce que l’on ressent,
c’est ça le but des livres. Pouvoir nous retrouver dans des
histoires alors que nous même
nous ne pouvons pas exprimer ce que l’on ressent. Personnellement,
grâce à cette autrice, j’ai recommencée à lire quelques livres.
Je peux dire que jours
sans faim
m’a redonné
goût à la lecture. Ensuite,
je suis devenue accro aux livres de Virginie Grimaldi. J’ai
commencé à lire Chère
mamie au pays du confinement
puis j’ai continué
avec
Que ne durent que les moments doux.
J’ai ensuite continué avec pourquoi
j’ai mangé mon père
de Roy Lewis, puis V13
de Emmanuel Carrère. Ces romans ont été très poignants notamment
V13
qui raconte le procès des attentats
du 13 novembre.
Un récit très poignant et touchant. Ce roman me donne même la
chair de poule rien qu’en en parlant. A ce moment-là
j'avais
une professeure
de français qui nous incitait à lire mais elle
ne nous
imposait jamais le livre. Elle nous a
donné
plusieurs choix possibles. Cela m’a aussi aidé,
c’était la première fois que je pouvais choisir un livre qui me
donnait envie. Il est vrai qu’avant je me raccrochais beaucoup à
la première page avant de choisir le roman. Cependant maintenant je
vais surtout vers des auteurs que je connais, qui ne m’ont jamais
déçu. L’illustration de la page
de garde est importante,
à mon goût,
car c’est la première chose que l’on voit. Notre attention va,
soit se focaliser sur ça,
soit ne pas le remarquer. Quand j’étais plus jeune, j’allais
souvent à la bibliothèque mais maintenant je préfère acheter les
livres. Je préfère lire mes livres, je ne sais pas pourquoi, je
pense que c’est juste une habitude. Les avoir en format papier pour
moi,
c’est le mieux. Alors c’est vrai que ce n’est pas donné,
mais il y a plusieurs alternatives possibles. Notamment la seconde
main. Quand je finis de lire un livre,
je le
garde précieusement dans une boîte.
Je n’ai pas vraiment d’explications à cela, je pense que c’est
plutôt affectif. Je ne me vois pas me séparer du livre.
Je
peux donc affirmer que la lecture aujourd’hui est un passe temps
qui m’aide à penser à autre chose, à découvrir et
à apprendre. Cela n’a pas toujours été facile mais je ne me suis
jamais forcée à lire (bon seulement les livres scolaires).