« La poésie, c'est l'éruption de l'imaginaire, la force du vivant, l'énergie de la création.»
Linda Maria Baros
Le 20 mars 2025, au lycée de l’Iroise, le Printemps des poètes s'est fait « volcanique » à travers un atelier d’écriture conçu / animé par Nathalie et Elise Le Roux.
Une série de photos, « La petite boîte verte », a réveillé les regards, les mots et les colères, sur le thème des droits des femmes, bafoués ou conquis selon les époques et les lieux.
Voici quelques poèmes écrits durant cet atelier…
Mirabelle elle se sent belle.
Ce n'est pas le cas de Lila.
Lila, elle voudrait mettre du mascara, qu'on la regarde dans les yeux.
Elliot, l'acné l'a rattrapé.
Il aimerait le cacher avec de l'anti-cerne.
Je ne parle qu'au conditionnel car ni Lila ni Elliot ne peuvent se maquiller.
Iels voudraient se sentir mieux dans leur peau, mais non, c'est interdit.
Tout ce qu'elle veut, c'est étudier
Pouvoir faire quelques choses de ses journées
Mais pouvez-vous, ne serait-ce, qu'imaginer,
Voir une femme plus cultivée,
Qu'un homme et son égo,
Un homme, à son niveau.
On m'avait dit : " tu verrais la prison c'est pire"
On m'a dit ci et ça
Tout ça venant de la bouche d'un homme.
Ma maison était ma prison
La prison au moins il y avait une raison.
Moi j'étais bloquée dans ma maison sans raison.
Envie irrésistible, inavouable, incontrôlable. SORTIR.
Mais comment ? Suffit-il de le dire pour y parvenir ?
Quelque chose la retient, prisonnière, au coeur de cette cage dorée.
Alors elle s'évade mais dans les mots, là où tout semble plus facile.
L'avenir lui appartient, l'avenir nous appartient.
Il ne tient qu'à elle, qu'à nous de le façonner.
Plac, plac, ça fait deux pas
Le soleil tape, le vent me pousse
Plac, plac, voilà quatre pas
L’enfant pleure, les rires s’étouffent
Plac, plac, maintenant six pas
Cette petite marche paraît si douce
Plac, plac, que j’aimerais connaître ça
Mais je ne peux passer la porte de chez moi
Sortir...
Rire, courir, se divertir
Danser, parler, manger
Sortir...
Crier, marcher, acheter
Sauter, étudier, travailler
Juste sortir...
Elle rêve, les yeux ouverts, de ce rouge brûlant, de ce velours envoûtant;
Elle rêve, les doigts frôlant, de ce vert éclatant, de cette soie chatoyante ;
Elle rêve, ses pensées lointaines. Elle divague. Elle imagine.
Elle s'imagine, elle velours rouge, soie verte.
Mais, elle ne fait que rêver.