Du plus longtemps que je me
souvienne, il y a toujours eu des livres dans ma vie. Toute petite
déjà, je voyais les gens de ma famille, sauf mon père, lire tout
le temps et partout. Il y a une chose dont je suis sure, c'est que
j'ai toujours détesté qu'on me lise des histoires, et encore
aujourd'hui, il n'y a rien de plus horrible pour moi que les
Podcasts. C'est pour ça que mes parents ne m'ont jamais lu beaucoup
d'histoires dans mon enfance. Et pourtant, j'étais une enfant plutôt
calme, mais rester assise à écouter, c’était impossible.
Quelques
années plus tard, je suis rentrée à l'école maternelle. C'est à
ce moment que la lecture est apparue de nouveau dans ma vie, et j'ai
adoré. La raison est simple, à chaque lecture ou œuvre étudiée,
un travail artistique était toujours là pour accompagner, c’était
évidemment ma partie préféré et dans laquelle j'avais de très
bonnes notes. Ce système a duré tout le cycle 1. Durant ces
quelques années, de nombreux livres m'ont marqué tel que : « POP
mange toutes les couleurs », Bisinski Sonders, ou encore, «
Les trois brigands », Tomi Ungerer. Ces œuvres étaient
facilement appréciables de par leur aspect mais aussi le contenu simple et ludique. Encore aujourd'hui, je me rends compte que j'aime
les livres avec de belles images, des histoires simples et fluides,
sans prise de tête, le genre de livre où il y a plus de dessin que
de mots, et justement adaptés pour des enfants qui ne savent pas
encore bien lire.
J'ai
justement appris à lire l'année suivante au début du cycle
scolaire 2. Et pour ce faire, ma professeur avait utilisé comme
méthode : « Les Alphas ». Les
Alphas sont une méthode pédagogique qui met en scène des petits
personnages représentant les différents sons et lettres de
l'alphabet, accompagné en plus de films et petits épisodes. Je me
rappelle avoir adoré cette manière ludique d'apprendre à lire, qui
me faisait peur à la base. C'est aussi grâce à cela que j'ai lu
mon premier livre en entier : « Gâteau
surprise », l'histoire de
madame « i ». Ma première approche avec la lecture directe fut donc très positive, je me suis sentie autonome. Avoir la capacité
de pouvoir moi même découvrir des histoires sans l'aide de
quelqu'un était très plaisant, un sentiment nouveau de liberté.
Tout
le long de ma primaire, j'ai continué de découvrir des livres mais
également des écrits variés tels que les fables (« Les
fables de La Fontaine »).
Ces fables avec chacune leur morale bien à elles m'ont énormément
marquée. Je me rappelle que j'avais trouvé dans la bibliothèque de
mes grands parents une vielle édition de 1906 des « Fables
de La Fontaine », illustrés
par Benjamin Rabier, et un jour je les ai toutes lues une par une.
Tout comme mes livres illustrés pour enfant, les histoires étaient
simples, fluides, avec plein de dessins, et pourtant elles cachaient bien plus que ça. A ce moment j'ai commencé à comprendre que la
littérature pouvait être très complexe.
Mais petit à petit j'ai
commencé à m’éloigner des livres. A mes yeux, la lecture,
c’était des devoirs. Plus je grandissais, moins les professeurs
avaient l'air passionnés, moins les cours étaient ludiques. Lire
était devenue une vrai corvée et on ne parlait même plus de livre
à l'école. La maîtresse nous donnait juste un livre à lire pendant
les vacances sur lequel elle nous interrogerait pour être sûr qu'on
l'ai bien lu. J'ai trouvé ça nul à l'époque et encore maintenant.
Parfois on peut lire un livre, même trois fois, et ne pas réussir à
le comprendre sans un peu d'aide.
Plus tard dans ma scolarité,
j'ai découvert la bibliothèque. Pour moi c’était totalement
lointain, j'ai sûrement dû y aller en maternelle mais je ne m'en
rappelle pas vraiment. J'y suis donc retourné à la fin de la
primaire, et cette fois si, on avait quartier libre, j'ai trouvé ça
super que notre professeur nous laisse le choix d'explorer cet
endroit librement. On avait pour contrainte de trouver un livre,
adapté à notre âge, qu'on pourrait emprunter et lire au rythme
qu'on souhaitait. A ce moment j'ai recommencé à comprendre que lire
c’était sympa, mais seulement quand je le voulais et c'est pour ça
que j'aimais rarement les livres que le parcours scolaire proposait
même si je pense que le fond de certains aurait pu me plaire si ils
m'avaient été présentés différemment.
Une nouvelle étape dans ma
vie de lectrice a commencé lors de mon entrée au collège, j'ai commencé à comprendre de mieux en mieux la relation que j'avais
avec les livres et c'est à ce moment que j'ai fait 2 découvertes qui
m'ont changée. Tout d'abord, le CDI du collège.
C’était pour moi comme un
paradis réel. Pour une personne curieuse pour moi ce fut génial de
pouvoir avoir un accès gratuit à une quantité de livres énorme. Je
passais la plupart de mon temps à lire des livres sur des sujets très divers : des livres sur les planètes, sur les différentes
races de chats et tant d'autres. Je me surprenais même parfois à
lire des pages du dictionnaire ou des encyclopédies. Cependant, lire
des œuvres tels que des romans ou autres devenait compliqué. Lors de
ma première année de collège mon professeur nous avait fait lire
deux romans que j'avais trouvés terriblement mauvais, et même hors
de l'école je n'arrivais plus à trouver de livre qui me plaisaient, je
n'étais donc pas très loin d'abandonner ma quête de trouver des
livres, mais heureusement quelqu'un a su maintenir cette flamme
allumée. Comme je l'ai dit, j'ai tout de même grandi dans un
environnement rempli de personne qui aimaient lire, et une personne
en particulier: Ma sœur. Pour elle la lecture est bien plus qu'une
passion, c'est toute sa vie d’après ses dires. Et comme toute
passionné elle a voulu m'aider à adorer lire tout comme elle
adorait. Déterminée à changer mon opinion sur les romans, elle
avait fait une sélection de plusieurs romans qu'elle avait lu dans
son enfance qui pourraient potentiellement me plaire. A titre
personnel je pensais que c’était une perte de temps et que j’étais
un cas désespéré, mais j'avais tout de même accepté de lire un
des livres qui avait retenu mon attention pour lui faire plaisir :
« Les Kinra Girl », de Moka. A ce moment j'ai eu l'impression de faire la découverte de ma vie. C’était le
meilleur livre que j'avais jamais lu de toute ma vie, tout ce que
j'aimais concentré dans quelques pages, entre le mystère et
l'amitié. J'avais plongé dedans, le livre était devenu ma réalité,
je ne pensais plus qu'à ça. Dés la fin de ma lecture, je me suis
empressé d'aller acheter les prochains tomes. Je les ai tous lus,
les 26 tomes, et encore aujourd'hui, je continue de les lire comme
pour la première fois.
Tout le long du collège mais
aussi au début du lycée mon opinion n'a pas changé, tous les
livres que l'école propose sont tout simplement nuls, alors à chaque
fois je m’arrangeais pour ne pas les lire,
à regarder le film ou des
résumés mais jamais lire le livre. Cette technique était encore
présente il y à deux ans pour le bac de français, j'ai lu quelques
uns des livres car ils me donnaient envie mais les autres qui ne
m’intéressaient pas, je ne me forçais pas du tout à essayer de
les lire. Cette année de lycée a été très éprouvante pour moi,
travailler sur des livres qui ne me plaisait pas sans même les avoir
lus était assez difficile, mais m'a cependant permis de découvrir des
genre de livre sur lequel je ne m’était jamais penchée tel que la
poésie et la littérature d'idée, deux genres littéraires que
j'affectionne encore aujourd’hui. Des livres tels que :
« Déclaration des droits de la femme », me marquent encore jusqu'à aujourd’hui. Grâce à ces découvertes, j'ai
appris de moi même que de nombreux genres littéraires pouvaient m’intéresser et que l’école pouvait tout de même m'en faire
découvrir certain. En dehors de l'école j'ai depuis quelques années
découvert les mangas ainsi que les livres développement
personnel. C'est par hasard que j'ai découvert le mangas « NANA »,
d'Ai Yazawa, qui comme les « Kinra Girl », a
marqué ma vie en changeant beaucoup sur ma vision du monde, des
relations et surtout de l'importance d'avoir des rêves. Et de la
même manière, j'aime les livres de développement personnel car il
me permettent d'en apprendre plus sur les autres mais surtout sur moi
même.
Avec du recul, je pense que
ma relation avec la lecture est a présent apaisée, mais elle a vécu
des montagnes russes, notamment à cause ou grâce à l'école qui
n'a fait que changer mon opinion sur la lecture avec des bonnes ou
des moins bonnes expériences. Je pense tout de même que je suis un
peu fermée d'esprit la dessus dans le sens ou je sais se que j'aime
et comme j'ai encore beaucoup à découvrir, je ne vais pas m’embêter
à essayer de lire d'autres types de livres qui ne me donne pas
vraiment envie à première vue. Je me suis rendu compte après toutes
ces années que j'aimais lire. Je suis sans doute un peu difficile
mais quand je tombe sur un livre qui me plaît vraiment, je ne le lis
pas, je le vis.
La lecture dans ma vie est comme une feuille de papier. Autrefois blanche, et maintenant remplie de couleurs. Elle ne cesse de changer de forme, elle se réinvente, elle est pure, elle se fait influencer souvent, mais elle reste toujours infinie.