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Challenge Wikidata en classe

Au péril de la vie. Lutter pour l'égalité des genres en Iran

Publié le 12/03/2026

parElliot , Awe , Adeline , Laetitia , Ethan bingue ,
Photo de Craig Melville sur Unsplash
Photo de Craig Melville sur Unsplash
Hadis NAJAFI brave la loi de 1983 qui impose à toutes les femmes le port du voile islamique dans les lieux publics en Iran. Karadj, nord de l'Iran, 21 septembre 2022.

1. Le régime iranien, un régime d'oppression contesté par une jeunesse réprimée

Mahsa Amini avait 22 ans lorsqu'elle est décédée le 16 septembre 2022 après son arrestation par la police des mœurs iranienne pour un voile jugé « non conforme ». Sa mort a déclenché le mouvement "Femmes, Vie, Liberté", devenu un cri de ralliement contre l’oppression et pour les libertés fondamentales, en Iran. Ce mouvement est accompagné de nombreuses manifestations appelées manifestations nationales. Malheureusement, elles ont été réprimées dans le sang, mais les femmes et les hommes qui ont péri dans cette lutte et ceux qui continuent de se battre ne doivent pas être oubliés.
Sarina ESMAILZADEH est une jeune femme de 16 ans, elle s'exprime sur les réseaux sociaux juste avant de tomber sous les coups de matraque du CGRI (Corps des Gardiens de la Révolution Islamique) lors des manifestations nationale de 2022 « Nous ne sommes pas comme la génération précédente d’il y a 20 ans qui ne savait pas à quoi ressemblait la vie en dehors de l’Iran. Nous sommes conscients de ce qui se passe dans le monde aujourd’hui, et nous nous demandons ce que nous avons de moins que les autres adolescents dans le monde, rendant nos préoccupations dans la vie si différentes. ». Cette prise de parole est devenue un symbole de la révolte contre le régime théocratique Iranien.
Hadis NAJAFI est une autre victime du régime, c'était une jeune femme de 21 ans, pleine de vie qui n'a su garder le silence face à la tyrannie. Une dizaine de jours seulement après le décès de Mahsa, la mannequin participe à une manifestation en son honneur. Sur plusieurs vidéos publiées sur X (anciennement Twitter) on peut voir la jeune femme s'attacher les cheveux puis rejoindre la foule. On apprendra par la suite que les forces de sécurité lui ont tiré au-moins 6 fois au visage, au cou et à la poitrine à balles réelles et à plombs. Elle est emmenée à l'hôpital mais les forces répressives du régime lui refusent les soins, elle décède donc à la suite de ses blessures selon des témoins. Après la mort et le meurtre de Hadis, les autorités ont exercé des pressions sur sa famille afin que le contexte entourant sa mort reste flou, les forçant à faire de fausses déclarations.
Ces sombres histoires :
  • Illustrent la répression et la persécution très violente du militantisme, ce qui force l'exil des militants pour leur propre survie ;
  • Témoignent des violences faites aux femmes et aux opposants du régime ;
  • Montrent les difficultés d'information en Iran notamment avec la capacité de pression, de manipulation et de censure du régime

2. Nos références

Nous avons retenu ce site et cet article car il nous ont beaucoup aidé pour notre accroche, ce site contient de nombreuses informations pertinentes. Il se place plutôt en faveur des femmes : effectivement il est dirigé par la commission des femmes du CNRI (Conseil National de la Résistance Iranienne, un parti politique s'opposant au régime iranien depuis l'étranger). Celles-ci travaillent activement : c'est en partie grâce à elles que nous obtenons des informations internes sur l'Iran. Certaines participent aux réunions de l'ONU Femme.
Ces deux articles de France-Info et France 24 nous ont permis d'apprendre beaucoup sur Narges Mohammadi. La prise de parole de son avocate qui est en France, Mme Chirinne Ardakani, nous a aidé à éclairer la situation et à obtenir des informations cruciales.
Ouest-France a répondu à plusieurs de nos questions sur Hadis Najafis et sur les circonstances de sa mort. Nous avons même pu mettre la main sur la vidéo devenue virale de la jeune fille s'attachant les cheveux avant d'aller manifester, un geste qui lui coûtera la vie.
Ce cinquième et dernier article se concentre sur la peine de mort. Avec celui-ci nous avons pu créer un diagramme sur les femmes condamnées et exécutées dans le monde en 2024. Par manque d'information nous n'avons pas pu inclure la Chine dans celui-ci.

3. Une requête SPARQL expliquée

Pour commencer, nous avons effectué des requêtes SPARQL sur les militant.e.s en Iran pour prendre connaissance du nombre recensé sur Wikidata, qui était très faible. Nous nous sommes alors questionnés sur les sous-classes du filtre « militant ou militante » qui pouvait avoir une répercussion sur le nombre de résultats. Nous avons trouvé une petite coquille : deux éléments de la même classe portaient le même nom dû a un problème de traduction.
À la suite, nous avons effectué des requêtes pour spécifier le sexe des militant.e.s pour pouvoir créer une représentation graphique de la parité en Iran.
Grâce aux experts, nous avons pu intervenir directement sur le code SPARQL pour approfondir nos recherches sur les différentes périodes, classifications et filtres plutôt que de ne travailler qu’avec l’assistant de requêtes de Wikidata.
L'assistant Wikidata et le filtrage directement paramêtré sur la requête
L'assistant Wikidata et le filtrage directement paramêtré sur la requête
Cette requête est celle sur laquelle nous avons le plus travaillé, nous avons dû utiliser la propriété P279 qui permet d’inclure dans le filtre « militant ou militante » toutes ses sous-classes. Mais également la limite d’année de naissance pour laquelle nous avons tapé le filtre à la main qui nous a permis d’obtenir un résultat plus précis.

4. Notre analyse 

Pour mieux représenter les inégalités présentes nous avons créé un diagramme en barre de la répartition de genre des militant.e.s en Iran comparé à la France.
Nous avons croisé plusieurs requêtes SPARQL que nous avons regroupées sur un document calc avec lequel nous avons calculé le nombre de militant.e.s par pays. En nous aidant de formules comme NB.SI ou SOMME nous avons pu calculer plus efficacement.
Diagramme de la représentation des militant.e.s né.e.s depuis 1930, en France et en Iran.
Diagramme de la représentation des militant.e.s né.e.s depuis 1930, en France et en Iran.
Ce diagramme nous sensibilise donc sur l’absence d’informations sur le militantisme en Iran causé par une censure importante qui contribue directement à l’oppression des femmes. Nous nous sommes donc questionnés sur le rapport entre le nombre de militant.e.s répertoriés, la peine de mort encore d’actualité en Iran et la répression féroce des militant.e.s. Des lois entrent petit à petit en vigueur comme le 13 décembre 2024 la « Loi sur la protection de la famille par la promotion de la culture de la chasteté et du hidjab ». La loi autorise désormais l’imposition de la peine de mort pour le militantisme pacifique contre les lois discriminatoires du pays rendant le port du voile obligatoire, ce qui constitue une escalade dangereuse. 
Sur 4 femmes condamnées à mort dans le monde, près de 3 sont exécutées en Iran en 2024
Sur 4 femmes condamnées à mort dans le monde, près de 3 sont exécutées en Iran en 2024
Ce diagramme nous montre que l'Iran est à lui seul responsable de l'exécution des quasiment trois-quarts des femmes exécutées dans le monde en 2024 ce qui peut expliquer le faible nombre de militant.e.s répertoriés  sur la base de données Wikidata. La peine de mort renforce aussi la dissuasion envers le militantisme, en effet, si les militant.e.s savent que leurs vies (déjà peu considérées) sont menacées lorsque le régime connait leurs engagements, i.e.ls ont intérêt à garder l'anonymat.

5. Nos contributions

https://www.wikidata.org/wiki/Q114241372
https://www.wikidata.org/wiki/Q114241372
Nous avons contribué à l'enrichissement de la base de données de Wikidata avec des modifications d'informations concernant les personnalités que nous avons étudiées. Ci-dessus, notre enregistrement concernant la profession de Hadis NAJAFI, designeuse.

Conclusion :

Malgré ce régime d'oppression, de nombreuses personnes ayant fui l'Iran à cause de leur opposition au régime continuent de lutter pour les droits des femmes. Des associations ont été créées pour les exilés et pour mobiliser les médias autour de la question du droit international. Ce combat doit continuer d'être reconnu et mis en valeur car ce n'est pas seulement celui des Iraniennes, c'est celui de toutes les femmes, de tous les militants qu'importe leur origine.
L'action de certains de ces militants est reconnue avec notamment des prix. Narges MOHAMMADI s'est vue attribuer le prix Nobel de la Paix 2023 pour son "combat contre l'oppression des femmes en Iran et pour la promotion des droits humains et la liberté pour tous". Malgré sa reconnaissance à l'international, ces 25 dernières années, la prix Nobel de la paix a été à plusieurs reprises jugée et emprisonnée pour son engagement contre la peine de mort en Iran et le code vestimentaire strict pour les femmes.
Iran NCRI Women CommitteeDroits humainsRévolteégalité des genres

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