Citez moi trois pirates... Barbe noire, John Rackham, Jack Sparrow peut-être ?
Avez-vous remarqué n'avoir cité que des hommes ? Pourtant les femmes pirates ont bel et bien existé : Lady Killigrew, Stikla, Jeanne de Belleville… Ces noms ne vous disent peut-être rien : cela nous en dit déjà beaucoup sur leur invisibilisation.
Pirate ou corsaire ? Selon l'expression populaire, un pirate est réputé être un escroc. Si l'on en croit l'étymologie grecque, c'est un bandit qui court les mers, attaquant les navires. Il se distingue du corsaire qui est missionné par un gouvernement.
Pourquoi les femmes voudraient-elles devenir pirate ? Par nécessité et par désir de défier les normes sociales?
Qui sont elles ? Combien sont elles ? A quels endroits sur la planète ? A quelle époque ?
Sur plusieurs milliers de pirates connus, il y a moins de 50 femmes à notre connaissance, réparties sur quasiment toutes les mers du monde, du Ve au XIXe siècle. Mais on peut supposer que la plupart des femmes ont réussi à garder leur vraie identité cachée jusqu'à la fin.
Dans des régions, telles que la Méditerranée, la Mer de Chine ou l’océan Indien, des femmes se sont également illustrées dans la piraterie. Des figures comme Jeanne Hauviette d’Andurand ou encore des aventurières corsaires françaises du XIXe siècle témoignent d’une riche diversité géographique. Leur lutte s’accompagne d’un rejet affirmé des assignations de genre, rendant visible la piraterie féminine dans des espaces encore plus marginaux que les grandes routes atlantiques.
Les femmes pirates ont émergé dans un univers masculin principalement en raison de la nécessité de se démarquer et de défier les normes sociales et les conventions patriarcales. Leur présence a été motivée par des facteurs tels que la recherche de liberté, la rébellion contre les stéréotypes de genre et la quête d'émancipation.
Certaines femmes voulaient devenir pirates pour être libres et échapper aux règles très strictes de la société.
Selon l'époque, elles avaient peu de droits et devaient souvent rester à la maison ou se marier. L’exclusion sociale des femmes dans la marine marchande et militaire a du leur donner envie d’inaccessible.
La piraterie leur permettait de voyager, gagner de l’argent, vivre comme elles le voulaient en échappant parfois à une vie de femme mariée et gagner l’autonomie et l'émancipation sociale loin des normes patriarcales.
Pour certaines, c’était aussi un moyen de se battre et d’avoir le même rôle que les hommes et gagner autant qu’eux grâce au fait que le code pirate est relativement égalitaire dans la répartition des richesses, ce qui leur apporte beaucoup d’avantages même si elles devaient parfois se travestir pour être acceptées.
La vengeance d’un proche défunt ou d’une injustice provoquant une haine envers le roi est également une des principales raisons de leur rébellion, c’est le cas de Jeanne de Belleville après l’exécution de son mari.
L'accès des femmes aux navires est prohibé selon le “code de la piraterie” :
“Aucun jeune garçon, aucune femme ne sont tolérés. Si un membre de l’équipage est vu en train de séduire une femme et de la faire monter à bord déguisée, il sera mis à mort.”
Le code des pirates de Roberts Bartholomew
Accusées de porter malheur en mer, les femmes portaient le fardeau des supersititions et des préjugés. Le code des pirates interdisait les femmes sur le navire. La grande majorité des femmes pirates se travestissaient et sillonnaient les mers à l'insu des pirates à bord.
Devenir une femme pirate était très difficile. Elles apprenaient à se battre, à utiliser des armes et à naviguer. Ainsi, devenir pirate pour une femme demandait beaucoup de courage, de détermination et souvent de briser les règles masculinistes. En dissimulant leur genre, elles pouvaient être tuées par leur propre équipage.
Au sein de l’équipage, les femmes ont occupé des rôles variés, allant de contrebandières à des membres de la famille de pirates, ce qui a permis de soutenir les pirates tout en remettant en question les stéréotypes de genre.
L’impact des femmes pirates sur la piraterie et au-delà ne saurait être sous-estimé, même si leur présence a initialement été occultée par une histoire dominée par les récits masculins.
Cette répartition souligne que, loin d’être un simple phénomène marginal ou une curiosité, les femmes pirates ont constitué une part active et tangible de l’histoire maritime, s’imposant dans différents contextes culturels et stratégiques.
Jeanne de Belleville, surnommée « la Lionne bretonne », était une noble bretonne du XIVᵉ siècle devenue célèbre pour sa vengeance contre le roi de France.
Après l’exécution de son mari, Olivier IV de Clisson, Jeanne de Clisson jura de se venger. Elle vendit ses biens, arma plusieurs navires et attaqua pendant des années les navires français dans la Manche.
Avec sa flotte, parfois appelée la « flotte noire », elle traquait les bateaux du roi de France et faisait exécuter leurs équipages, sauf quelques survivants envoyés pour raconter ce qui s’était passé.
Plus tard, elle se réfugia en Angleterre, alliée de la Bretagne contre la France. Son histoire mêle réalité historique et légende, ce qui lui a valu sa réputation de pirate et guerrière redoutée.
Sur un sujet si spécifique, le principal écueil reste la désinformation : tant de contenus sont générés par l'IA, sur des bases complètement fausses ! Voici quelques unes des références que nous avons utilisées :
Ce livre, écrit par une historienne spécialisée dans les pirates est très complet sur le sujet et se concentre entièrement sur les femmes. Ce livre aborde ce sujet en les abordant comme des figures de liberté et d’aventure, loin des stéréotypes traditionnels.
Cette série animée est celle qui nous a donnée l’idée de ce sujet, chaque épisode raconte l’histoire vraie d’un ou une pirate.
Ce documentaire retrace l’histoire de trois femmes embarquées dans la piraterie pour différentes raisons, Marie-Anne Dieu-le-veut, Mary Read et la corsaire française Louise Antonini. L'action se déroule entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle où la piraterie connaît son âge d'or.
Le code des pirates établi par Bartholomew Roberts, également connu sous le nom de Black Bart, a été créé en 1720 à bord de son navire, le Royal Fortune. Ce code de conduite régissait les règles strictes que devaient suivre les membres de son équipage, assurant ainsi une organisation et une harmonie à bord. Chaque capitaine possédait son propre code des pirates mais celui de Bartholomew est l’un des plus connus.
Cette fiction montre clairement que les femmes peuvent avoir un rôle important dans la piraterie. L’histoire raconte la lutte des pirates contre la Compagnie des Indes orientales qui veut contrôler les mers. Dans ce film, Elizabeth Swann devient même roi des pirates (sic) au conseil des pirates, où on voit plusieurs capitaines femmes qui participent aux décisions et aux combats.
On a commencé par établir le nombre de femmes pirates connues sur la base de donné de Wikidata grâce à sparkl.
Puis ensuite ensuite nous avons comparé ce chiffre à la totalité des pirates connus dans la base de données pour avoir une proportion. Ce tableau représente la proportion d’hommes par rapport aux femmes ( en ordonné) par siècle ( en abscisse)
On a également essayé de trier leur répartition dans l'espace afin de savoir s'il y a une corrélation, cependant ce ne fut pas très concluant. Les individus ne restant pas au même endroit toute leur vie, on a pu que trouvé leur lieu de décès. De plus le manque donnés fiables n’arrange pas les choses !
Si on revient un instant sur le tableau que l'on a dressé, on peut calculer la proportion de femmes pirates connues, soit 21/358 (chiffres de Wikidata). 6% des pirates connus dans l'histoire sont des femmes, sans que l'on sache vraiment si ce chiffre est du à leur rejet des métiers de la marine ou à leur invisibilisation dans les sources consultées. Oui il y a eu des femmes pirates au cours de l'Histoire, même si nous n'en retrouvons que des traces éparses.
Nous avons complété Wikidata en ajoutant le genre de trois pirates. Pour cela, nous avons fait des recherches complémentaire sur Wikipedia.
Par exemple l’un des pirates étais un rōnin (un guerrier japonais ayant déserté son maitre) et grâce à une recherche supplémentaire, nous avons appris que les rōnin sont seulement des hommes. Nous avons donc présumé leur genre pour compléter le site.
Nous avons aussi ajouter une date de naissance à la pirate norvégienne Rusla,
Nous avons créé une page Wikidata pour la pirate Stikla, compagnonne de Rusla et selon une source, sa sœur.
Nous avons également ajouté le siècle d’activité de Maria Lindsey.